Société robotique : de quoi s’agit-il et comment avons-nous construit cette sélection ?
Difficile de passer à côté : les robots sont partout, des chaînes de montage automobile aux entrepôts logistiques, en passant par les salles de classe et même nos salons. Mais derrière chaque machine, il y a une société robotique. De quoi parle-t-on exactement ?
Une société robotique est une entreprise dont l’activité principale est la conception, la fabrication ou l’intégration de robots et de systèmes automatisés. Cela couvre un spectre très large : des bras industriels qui soudent des carrosseries (robotique industrielle), aux robots humanoïdes capables de se déplacer dans des environnements humains, en passant par les cobots conçus pour collaborer avec des opérateurs ou les robots de service qui nettoient les sols. Bref, l’automatisation sous toutes ses formes.
Pour bâtir cette sélection, nous avons croisé plusieurs critères : la notoriété mondiale, la présence en France, la diversité des segments (industriel, cobotique, humanoïde, logistique) et l’actualité récente. L’objectif ? Vous offrir un panorama représentatif, mis à jour en 2025, qui vous aide à vous repérer parmi les principaux fabricants de robots, quel que soit votre projet.
Les 10 sociétés robotique en un coup d’œil
Pour faciliter la comparaison, voici une lecture rapide des acteurs retenus. Le tableau vous donne le pays d’origine, le segment de prédilection, la spécialité et le statut boursier de chaque entreprise.
| Nom de l’entreprise | Pays d’origine | Segment principal | Spécialité ou produit phare | Cotation boursière |
|---|---|---|---|---|
| Fanuc | Japon | Robotique industrielle | Systèmes CNC, robots jaunes | Oui (Tokyo) |
| ABB Robotics | Suisse | Robotique industrielle | Robots de précision, cobots GoFa | Oui (Zurich, Stockholm) |
| Kuka | Allemagne | Robotique industrielle | Robots articulés, AMR | Non (filiale Midea) |
| Yaskawa | Japon | Robotique industrielle | Robots Motoman, servomoteurs | Oui (Tokyo) |
| Universal Robots | Danemark | Cobotique | Bras collaboratifs légers | Non (filiale Teradyne) |
| Boston Dynamics | États-Unis | Humanoïde / Mobile | Robots Spot, Atlas | Non (filiale Hyundai) |
| SoftBank Robotics | France / Japon | Robotique de service | Robots NAO, Pepper, Whiz | Non (filiale SoftBank Group) |
| Exotec | France | Robotique logistique | Système Skypod | Non (société privée) |
| DJI | Chine | Grand public / Service | Drones civils, RoboMaster | Non (société privée) |
| ST Robotics | Royaume-Uni | Industrie de table / Éducation | Bras robotisés abordables | Non (société privée) |
Les 10 sociétés robotique à connaître en 2025
Fanuc – le seigneur japonais des robots industriels

Fondé en 1956 au Japon, Fanuc est un poids lourd mondial de l’automatisation, reconnaissable entre mille à la couleur jaune vif de ses machines. Membre du « Big Four » de la robotique industrielle, il domine aussi le marché de la commande numérique avec environ 50 % de part mondiale. Plus d’un million de ses robots sont installés dans le monde.
Idéal pour la production à grande cadence, notamment dans l’automobile et l’électronique. Ses points forts : une fiabilité légendaire et une gamme très étendue. En revanche, l’entreprise reste très centrée sur son écosystème propriétaire, ce qui exige des compétences spécifiques pour l’intégration. Fanuc est coté à la Bourse de Tokyo.
ABB Robotics – l’automaticien suisse qui change de cap

Née en 1988 de la fusion d’ASEA et BBC, ABB Robotics a lancé le premier robot industriel piloté par microprocesseur dès 1974. Historiquement un des Big Four, avec un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars en 2024, la division vit une mutation profonde : en octobre 2025, le groupe a signé un accord pour céder cette activité à SoftBank pour 5,375 milliards de dollars.
Malgré ce changement de pavillon, ABB reste un interlocuteur clé pour la robotique de précision et les solutions d’électrification. Idéal pour les grands comptes industriels soucieux d’efficacité énergétique. Sa force : l’expertise logicielle avec RobotStudio. À savoir : la nouvelle identité de la branche robotique reste à préciser d’ici 2026. Le titre ABB est coté sur les Bourses de Zurich et Stockholm.
Kuka – le champion allemand sous pavillon chinois

Avec des racines qui remontent à 1898 à Augsbourg, Kuka est une institution de la robotique industrielle. Racheté par le géant chinois de l’électroménager Midea, il a été retiré de la Bourse fin 2022. L’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires record de 4,05 milliards d’euros en 2023 avant un léger repli à 3,7 milliards en 2024.
Particulièrement fort dans l’industrie automobile, Kuka mise désormais sur les robots mobiles autonomes (AMR) avec l’ambition d’entrer dans le top 5 mondial d’ici 2027. Un acteur solide pour les projets d’automatisation lourde. Sa taille et son actionnariat chinois peuvent, dans certains contextes, soulever des questions de souveraineté industrielle.
Yaskawa – le spécialiste du soudage et du mouvement

Fondé en 1915 au Japon, Yaskawa est l’autre pilier nippon du Big Four avec sa marque de robots Motoman. Plus de 590 000 robots sont installés dans le monde, appuyés par un savoir-faire de premier plan dans les servomoteurs et variateurs. L’entreprise, cotée à Tokyo, réalise environ 3,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires.
Particulièrement recommandé pour les applications de soudage, de manutention et d’assemblage à haute cadence. Sa filiale française, basée près de Nantes, assure un relais de proximité. La gamme, très complète, peut sembler complexe à appréhender pour un primo-accédant.
Universal Robots – le pionnier danois des cobots

Universal Robots a ouvert un marché à part entière en 2005 : la cobotique. Ses bras légers, conçus pour travailler sans barrière de sécurité à côté des humains, ont conquis 40 à 50 % du marché mondial. Avec 75 000 unités vendues et une nouvelle génération capable de manipuler jusqu’à 30 kg, la marque équipe aussi bien des PME que des grands groupes.
Idéal pour automatiser des tâches répétitives à moindre coût, avec une prise en main rapide. Attention toutefois : un cobot n’est pas un robot industriel lourd ; sa charge utile et sa vitesse restent limitées. Universal Robots est une filiale de Teradyne, groupe américain coté au Nasdaq.
Boston Dynamics – le laboratoire d’IA physique devenu industriel

Créé en 1992 comme spin-off du MIT, Boston Dynamics impressionne le grand public avec des vidéos de robots qui courent et sautent. Racheté par Hyundai en 2021, l’entreprise bascule d’un modèle de R&D vers des solutions commerciales. Le quadrupède Spot inspecte déjà des sites industriels, tandis que le nouveau robot humanoïde Atlas, désormais entièrement électrique, commencera à travailler dans des usines Hyundai en 2025.
À conseiller pour des applications d’inspection en environnement dangereux ou complexe. Le prix de ces robots reste très élevé, et leur maintenance exige une formation poussée. Les résultats sont consolidés dans les comptes de Hyundai Motor.
SoftBank Robotics – du robot compagnon à la logistique de service

Derrière les emblématiques NAO et Pepper, utilisés dans l’éducation et la recherche, se cache une histoire franco-japonaise. La filiale européenne est née du rachat d’Aldebaran Robotics à Paris en 2012, avant de reprendre son nom d’origine en 2022 tout en restant liée au japonais SoftBank. Pour approfondir, ne manquez pas notre comparaison : Poppy et Pepper : deux robots à ne pas confondre.
Si la production de Pepper a été mise en pause, l’entreprise mise aujourd’hui sur des robots de service utilitaire : l’aspirateur Whiz ou le robot de livraison Servi. Un bon point d’entrée pour découvrir la robotique de service, notamment en milieu scolaire. L’offre actuelle s’éloigne toutefois des humanoïdes qui ont fait sa notoriété. SoftBank Group est coté à Tokyo.
Exotec – la pépite française de la logistique

Fondée en 2015 à Croix, dans le Nord, Exotec est la première licorne industrielle française, valorisée 2 milliards de dollars. Son système Skypod, des robots capables de grimper sur des étagères pour préparer des commandes, équipe déjà plus de 100 sites dans le monde, dont ceux de Decathlon, Carrefour ou Uniqlo. Une nouvelle génération lancée en 2025 améliore le débit de 50 %.
Idéal pour les acteurs de l’e-commerce et de la distribution qui cherchent à automatiser leurs entrepôts. Il faut garder en tête qu’Exotec vend un système complet, donc un investissement conséquent, et qu’elle n’est pas cotée en Bourse.
DJI – le maître des airs, de l’agriculture à l’éducation

Shenzhen, 2006 : Frank Wang crée DJI, aujourd’hui leader mondial incontesté du drone civil avec 70 à 80 % de parts de marché. Mais la société chinoise va au-delà du loisir : ses drones agricoles de la série Agras cartonnent, et sa gamme RoboMaster propose des robots éducatifs programmables très appréciés en milieu scolaire.
Une porte d’entrée ludique pour la robotique mobile et la vision industrielle. Le chiffre d’affaires est estimé autour de 3,8 milliards de dollars. À savoir : l’entreprise reste privée et sa domination sur le segment des drones suscite des débats géopolitiques récurrents.
ST Robotics – le bras robotisé qui démocratise l’apprentissage

Fondé en 1986 au Royaume-Uni, ST Robotics conçoit des bras articulés « prêts à l’emploi » destinés à l’automatisation de laboratoire, aux tests et surtout à l’enseignement supérieur. Avec des modèles comme le R12 ou le R17, l’entreprise vise un public qui souhaite se former à la programmation robotique sans se ruiner.
Rachetée par l’australien SciTech Solutions en 2024, la marque continue à proposer une solution accessible pour les écoles d’ingénieurs et les fablabs. Ce n’est pas un outil de production intensive, mais une excellente plateforme pédagogique pour comprendre les bases de la cinématique et du langage ROBOFORTH.
Industrielle, humanoïde, cobotique, service : comment se structure le marché de la robotique ?

Pour se repérer parmi les fabricants de robots, il faut d’abord comprendre les grandes familles techniques et les types d’acteurs. Voici l’essentiel en trois points.
Les 4 grandes familles de robots
La norme ISO 8373:2021 distingue deux catégories fondamentales, que l’on peut détailler en quatre familles opérationnelles. Les robots industriels (Fanuc, ABB, Kuka, Yaskawa) automatisent des tâches de fabrication ; ils sont fixes, rapides et d’une précision redoutable. Les robots de service professionnel (comme l’Exotec Skypod pour la logistique ou les drones agricoles DJI) réalisent des tâches utiles hors usine, pour les professionnels.
Les robots de service personnel ou domestique (l’aspirateur Whiz de SoftBank Robotics, par exemple) assistent les particuliers. Enfin, les robots médicaux (non détaillés ici mais incarnés par Intuitive Surgical) révolutionnent la chirurgie. Une classification simple qui aide à ne pas tout mélanger.
Segmenter les sociétés robotique par spécialité
Toutes les entreprises de robotique ne font pas le même métier. On distingue les fabricants qui conçoivent et produisent les robots (les Big Four, Universal Robots). Les intégrateurs robotiques adaptent ces solutions standards aux besoins spécifiques d’une usine ou d’un laboratoire : c’est un métier à part entière, rarement visible du grand public.
Les éditeurs de logiciels développent les outils de simulation et de pilotage, comme RobotStudio chez ABB. Enfin, les startups (Exotec, ST Robotics) explorent de nouvelles architectures ou des marchés de niche. Notre liste mêle à dessein ces profils pour refléter la réalité du secteur.
4 métiers liés à la robotique
Le secteur recrute massivement. L’ingénieur roboticien (Bac+5) conçoit et programme les systèmes ; il maîtrise des outils comme ROS et Python. Le technicien de maintenance robotique (Bac+2/3) assure l’installation, le diagnostic et les réparations de premier niveau.
L’intégrateur robotique est le maillon essentiel qui adapte un robot standard à une ligne de production spécifique. Enfin, le chef de projet robotique pilote le déploiement d’une cellule robotisée, du cahier des charges à la mise en service. Quatre voies complémentaires pour entrer dans l’univers de la mécatronique et de l’automatisme industriel.
France vs monde : où se cachent les géants de la société robotique ?
Le paysage mondial des sociétés robotique est dominé par quelques pays clés. Le Japon (Fanuc, Yaskawa) et l’Allemagne (Kuka) restent des terres historiques de la robotique industrielle, tandis que la Suisse (ABB) excelle dans les solutions de précision. Les États-Unis misent sur l’innovation de rupture avec Boston Dynamics, et la Chine, premier marché mondial avec 51 % des installations, pousse ses champions comme Siasun ou DJI.
Et la France dans tout cela ? L’écosystème tricolore, bien que composé surtout de PME, est dynamique et soutenu par 800 millions d’euros du plan France 2030. On y trouve une licorne comme Exotec, mais aussi des acteurs solides comme Aldebaran (l’entité parisienne derrière NAO et Pepper), Balyo (chariots autonomes), ou Shark Robotics (robot pompier Colossus). Pour explorer cet écosystème, le GDR Robotique fédère 150 entreprises et laboratoires de recherche ; une ressource précieuse pour qui veut cartographier les entreprises de robotique en France.
Comment choisir une société robotique adaptée à votre projet ?
Que vous soyez enseignant, responsable de production, ou simplement curieux d’automatisation, le bon choix dépend d’abord de votre besoin réel. Voici une checklist en six points pour ne pas vous égarer.
- Segment recherché : Identifiez d’abord la catégorie. Un robot industriel pour de la soudure (Fanuc, Yaskawa) ? Un cobot pour assister un opérateur (Universal Robots) ? Un robot mobile pour la logistique (Exotec) ?
- Zone géographique : Une entreprise implantée en France ou en Europe facilitera le support technique, la maintenance et les délais de pièces détachées.
- Taille de l’entreprise : Une startup (ST Robotics) peut offrir des solutions agiles et abordables pour l’éducation ; un grand groupe (ABB) apportera une gamme plus large et une stabilité rassurante pour un projet industriel.
- Cotation boursière : Un critère important si vous cherchez à analyser la santé financière d’un fournisseur ou si vous avez une démarche d’investissement.
- Secteur d’activité : L’agroalimentaire, l’automobile et la logistique ont des contraintes très différentes (hygiène, cadence, environnement). Ciblez un acteur qui connaît votre métier.
- Niveau de maturité : Un laboratoire de recherche peut se tourner vers une marque établie (SoftBank Robotics/NAO), tandis qu’un industriel pionnier pourra évaluer une solution plus récente et innovante.
Gardez en tête que le tableau comparatif et la liste détaillée ci-dessus sont vos meilleurs alliés pour croiser ces critères en un coup d’œil.
Vos questions sur les sociétés robotique

Quelles sont les plus grandes entreprises de robotique ?
Les géants mondiaux sont les « Big Four » de la robotique industrielle : Fanuc (Japon), ABB (Suisse), Kuka (Allemagne) et Yaskawa (Japon). Universal Robots (Danemark) domine le segment des cobots. Intuitive Surgical (USA) est le leader de la chirurgie robotique, et DJI (Chine) règne sur les drones civils.
Quelles sont les 4 grandes familles de robots ?
On distingue les robots industriels (bras articulés pour la production), les robots de service professionnel (logistique, agriculture), les robots de service personnel ou domestique (aspirateurs, assistants) et les robots médicaux (chirurgie, rééducation avec des exosquelettes). Chaque famille répond à un usage technique et un environnement très différents.
Quels sont 4 métiers liés à la robotique ?
L’ingénieur roboticien conçoit et programme les systèmes complexes. Le technicien de maintenance assure le diagnostic et les réparations matérielles. L’intégrateur robotique adapte les solutions standards aux besoins spécifiques d’une usine. Enfin, le chef de projet robotique pilote l’installation complète de la cellule, du cahier des charges à la mise en service.
Quelles sont les principales entreprises de robotique en France ?
Exotec s’impose comme la licorne française de la logistique automatisée. L’entité francilienne Aldebaran conçoit les célèbres robots NAO et Pepper. Shark Robotics excelle dans la robotique de défense, tandis que Balyo se spécialise dans les chariots autonomes. L’écosystème complet est d’ailleurs cartographié par le réseau GDR Robotique.
Qu’est-ce qu’une société robotique industrielle ?
C’est une entreprise qui conçoit, fabrique ou intègre des robots utilisés dans les processus de production. Ces machines automatisent des tâches répétitives et dangereuses, principalement dans l’automobile, l’agroalimentaire et l’électronique. Fanuc, ABB, Kuka et Yaskawa sont les archétypes de ces fabricants de robots industriels lourds.
Quelles sociétés robotique sont cotées en bourse ?
Fanuc et Yaskawa sont cotées à la Bourse de Tokyo. ABB est présent sur les places de Zurich et Stockholm. Universal Robots appartient à Teradyne, cotée au Nasdaq. À l’inverse, Kuka a été retirée de la cote après son rachat. Boston Dynamics et Exotec demeurent des entités privées.
Quelle différence entre robotique industrielle et robotique humanoïde ?
La robotique industrielle utilise des bras articulés, généralement fixes et dédiés à une tâche répétitive de production à haute cadence. La robotique humanoïde conçoit des robots à forme humaine dotés de membres, capables de se déplacer et d’interagir dans des environnements initialement conçus pour les humains.
Comment choisir une entreprise de robotique selon son besoin ?
Partez toujours de votre besoin concret. Pour automatiser une chaîne de production, visez Fanuc ou ABB. Pour une collaboration homme-machine, privilégiez Universal Robots. Pour l’éducation, regardez du côté de ST Robotics. Croisez ces segments avec votre localisation : un intégrateur local saura souvent vous orienter efficacement.
Quel partenaire robotique choisir pour automatiser votre activité ?
Le marché de la robotique est vaste, mais il est aujourd’hui parfaitement segmenté. Que vous cherchiez à équiper une usine de production à haute cadence avec un bras industriel, à soulager vos opérateurs avec un cobot, ou à moderniser votre entrepôt logistique, il existe une société robotique spécialisée pour répondre à votre cahier des charges. Prenez le temps d’évaluer vos contraintes techniques et n’hésitez pas à solliciter un intégrateur pour vous accompagner dans ce virage technologique.
